Traitements de l’ostéporose : 4 règles pour un résultat

lundi 25 avril 2011
par Georges WERYHA, Patrick BERNARD

L’ostéoporose est une maladie silencieuse. Les traitements de l’ostéoporose sont efficaces et diminuent le risque de nouvelle fracture de 50 à 70 %. L’efficacité est notée dès 12 mois de traitement et est acquise après 3 ans. Pendant cette période, le patient ne ressent aucun bénéfice direct objectif sur la douleur ou la gène fonctionnelle. Plusieurs études observationnelles évaluent l’abandon thérapeutique entre 50 et 75 % au cours de la première année. Le défi du clinicien est de maintenir une observance et une qualité de prise optimales. Un traitement réussi repose sur le respect de quelques règles simples.

REGLE n° 1 : La durée du traitement est proportionnelle à la durée de la consultation durant laquelle a été instauré le traitement.

La proposition d’un traitement de l’ostéoporose est un dialogue établi entre le praticien et le patient. Le médecin propose, le patient dispose. De toute façon et dès la sortie du cabinet de consultation, le patient aura le choix de suivre ou d’abandonner le traitement. Une ordonnance donnée rapidement sans explications sera arrêtée, au mieux, à la fin de la première ordonnance. Chaque minute d’explications complémentaires se traduit par un allongement de la durée moyenne d’observance thérapeutique. La démarche initiale devrait être renforcée régulièrement afin de contrôler la qualité de la prise médicamenteuse, les motivations et la satisfaction du patient.

REGLE n° 2 : L’éducation thérapeutique personnalisée est indispensable à un traitement bien pris, donc efficace.

L’éducation thérapeutique fait partie de la loi HPST et s’intègre dans les objectifs des Agences Régionales de Santé (ARS). Les autorités de tutelle ont compris qu’il ne suffit pas de distribuer des médicaments larga manu pour assurer la prise en charge sanitaire de la population. Les patients sont inondés d’un flot d’informations tantôt pertinentes, tantôt incohérentes, dans lesquels ils ne savent pas faire le tri. Le médecin doit s’approprier l’éducation thérapeutique de son patient en s’appuyant, si nécessaire, sur les réseaux régionaux existants. Nous pouvons citer, à titre d’exemple, l’histoire de ce patient qui avait pris l’habitude de sucer consciencieusement ses comprimés de calcium. Lorsque son médecin lui a prescrit de l’alendronate, il en a fait de même alors que cette molécule est toxique pour les muqueuses kératinisées et doit être avalée à jeun avec un grand verre d’eau. La muccite toxique réactionnelle a été terrible. Cet effet secondaire aurait été aisément prévenu par quelques minutes d’explications.

REGLE n° 3 : Le choix du traitement est une décision logique qui implique la participation du patient.

En médecine, l’indication thérapeutique repose sur deux paramètres objectifs : le diagnostic positif qui décide des moyens thérapeutique qui peuvent être engagés, le diagnostic de gravité (terrain et évolutivité de la maladie) qui pose les indications. Deux paramètres subjectifs viennent modifier la décision finale : les connaissances et les habitudes du praticien (dans le respect des recommandations et des bonnes pratiques clinique), l’histoire personnelle du patient qui est construite sur des histoires personnelles, familiales et au conditionnement psychologique du patient.

REGLE n° 4 : Le suivi du traitement doit être adapté et régulier mais discret.

L’efficacité d’un traitement de l’ostéoporose peut être mise en évidence dès le 18e mois de traitement. L’efficacité n’est obtenue pleinement qu’après trois à cinq ans de prise médicamenteuse régulière. Une prise trop courte ou trop irrégulière altère les effets thérapeutiques sans supprimer les effets secondaires. Il est essentiel d’assurer un suivi thérapeutique régulier. Le renforcement positif du traitement analyse le résultat obtenu, les espoirs non satisfaits et les effets secondaires attribués au traitement. Certains examens complémentaires contribuent au renforcement positif : le freinage des marqueurs biochimiques du remodelage osseux lors des traitements par bisphosphonates, l’augmentation de la densité minérale osseuse lors du traitement par ranélate de strontium.

CONCLUSION :

L’efficacité des traitements de l’ostéoporose dépend de la qualité de l’indication thérapeutique, de la régularité du suivi et de la motivation du patient. Ces conditions sont indispensables à l’obtention de la réduction du risque fracturaire qui peut être escompté au vu des résultats des essais clinques. Chacune des règles édictées ci-dessus fera l’objet d’une mise au point dans la rubrique AFERDOS dans « www.osteoporoses.fr ».