Métastases osseuses : Généralités.

Une maladie si fréquente ...
samedi 10 juillet 2010
par Georges WERYHA

Les métastases osseuses, par opposition aux tumeurs primitives, sont communes en cancérologie comme en médecine interne, particulièrement après 40 ans, aussi bien chez la femme que chez l’homme. Elles apparaissent généralement dans les cinq années suivant le cancer primitif. Plus le temps qui sépare le cancer de la première métastase est long, meilleures sont les chances qu’un traitement stabilise ou fasse régresser le processus tumoral. Les cancers donnant des métastases dans les os (ostéophiles) sont par ordre de fréquence ceux du sein, de la prostate, des bronches, du rein, de la thyroïde, des organes génitaux (utérus, ovaires, testicules) et du tube digestif (estomac, œsophage, côlon). Une métastase osseuse est le plus souvent révélée par une douleur, symptôme le plus important en dépit de sa fréquence et de sa banalité. Cette douleur siège sur la colonne vertébrale (dans son segment inférieur surtout) ou les côtes. Au début elle peut être confondue avec une arthrose, une sciatique, mais elle s’aggrave, devient permanente, nocturne, résiste aux traitements habituels et se complique de signes qui témoignent d’une compression nerveuse (névralgie cervicobrachiale, sciatique). Des métastases osseuses non douloureuses peuvent être révélées par une fracture spontanée ou suivant un traumatisme anodin. Une tuméfaction comme « une bosse sur le crâne » est rare. L’altération de l’état général (perte d’appétit, amaigrissement, asthénie) la découverte d’une hypercalcémie à l’occasion d’une prise de sang ou la palpation par le médecin de ganglions ou d’autres atteintes secondaires (gros foie) sont autant de circonstances faisant découvrir de telles métastases. Les radiographies bien faites et bien centrées sont indispensables pour le diagnostic.

Expressions cliniques :

Les métastases osseuses s’expriment par une disparition de la structure osseuse (ostéolyse), par une opacité dense dans l’os qui tranche par sa tonalité radiologique (ostéocondensation) ou par des images incertaines. Le doute peut être levé par la scintigraphie osseuse qui révèle d’autres foyers méconnus. Une scanographie ne sera demandée que pour préciser l’image radiologique et le retentissement de la métastase sur les structures voisines (éventuelle compression de la moelle épinière). Actuellement, l’IRM est l’examen de choix, et en première intention pour préciser l’étendue des lésions osseuses et extra osseuses.

Un bilan biologique est nécessaire :

Un hémogramme recherche une anémie ou l’atteinte des globules blancs et des plaquettes qui sont dues à l’envahissement de la moelle osseuse située au sein de l’os ; une calcémie démasque dans le sang un excès de calcium qu’il faut corriger rapidement ; une électrophorèse des protéines apprécie le syndrome inflammatoire engendré par la tumeur ou cherche d’autres anomalies des protéines. Selon les circonstances, on dose les marqueurs qui peuvent aider à surveiller l’évolution et le traitement (CA15.3 dans le cancer du sein, CA125 dans le cancer de l’ovaire, CA19.9 dans celui du pancréas, ASP dans celui de la prostate, etc.). Si malgré tous ces éléments le doute persiste, une biopsie est nécessaire, sous anesthésie locale, si la métastase est d’accès facile, ou générale. L’étude anatomo-pathologique du tissu osseux prélevé demande quelques jours et confirme qu’il s’agit d’une atteinte maligne en précisant son origine. Le traitement des métastases osseuses consiste d’abord à atténuer la douleur en recourant aux différents antalgiques, y compris les dérivés de la morphine (opiacés), mais aussi à traiter le cancer par chimiothérapie et radiothérapie. Une intervention chirurgicale peut être utile pour consolider un os ou réparer une fracture pathologique. On utilise une méthode de substitution en particulier dans les métastases osseuses vertébrales en introduisant un « ciment », c’est la vertébroplastie, soit en gonflant un ballonnet préalablement introduit, afin de remplir la cavité osseuse d’une substance, laquelle confère une action antalgique souvent spectaculaire (c’est la kyphoplastie). La douleur, les perturbations biologiques (anémie, hypercalcémie, insuffisance rénale), l’évolution des métastases osseuses (appréciée par radiographie, scanner ou scintigraphie) sont les principaux éléments de surveillance. L’objectif est d’allonger le plus possible la vie tout en en préservant sa qualité. Dans des cancers du sein qui évoluent lentement la survie peut être de plusieurs années.


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Métastases du bassin